Menu

Présentation du chapitre 2



L'oeil régional - 25 juin 2011 Article Vincent Guilbault
L'oeil régional - 25 juin 2011 Article Vincent Guilbault
Quel chemin le djembé africain a-t-il parcouru pour arriver aux mains des enfants des écoles primaires québécoises ou dans les activités dominicales sur le Mont-Royal à Montréal, et ainsi, s’immiscer dans l’histoire culturelle du Québec ? 
Les faits historiques présentés ici proviennent d’entrevues effectuées auprès des plus anciens percussionnistes du Québec. Heureusement, la proximité temporelle de cette étude, dont l’historiographie couvre la période allant de 1974 à 1990, m’a procuré l’avantage de pouvoir rencontrer des pionniers vivants, les premiers à avoir joué et possédé un djembé. L’analyse de leurs récits m’a amené à élargir le cadre du terrain de recherche historiographique aux percussions frappées à la main d’origine « latine » : les congas en Amérique du Nord. À vrai dire, ce type de jeu percussif a constitué la première forme de pratique du tambour frappé à la main au Québec. Ce préalable à l’appropriation du djembé constitue une étape cruciale du passé musical national, bien que son dénouement soit fondamentalement interculturel. Comme l’histoire présentée ici est dense et contextualisée, les circonstances qui mènent à la migration du djembé africain en sol québécois sont plus qu’un ensemble de dates sur une flèche du temps. Les faits mettent en exergue des pans de l’histoire culturelle, voire de l’histoire interculturelle du Québec qui n’a jamais été dite ou écrite . 
 

​Frapper le tambour à la main en Amérique du Nord

With our music we Cubans have exported more dreams and pleasures than with our tobacco, more sweetness and energy than with all our sugar.
Fernando Ortiz 

Contrairement à la plupart des peuples qui se sont métissés au temps de l’esclavage, on ne trouve pas de traces évidentes du tambour africain dans la culture populaire de l’Amérique du Nord avant l’arrivée des congas cubains. L’histoire de ce tambour commence sur un autre continent, et l’hypothèse des historiens quant à son origine première est celle que les congas auraient été amenés à Cuba, ou peut-être recréés, par les esclaves africains de culture bantoue de la région du Congo. La migration de la pratique du conga de Cuba vers les États-Unis s’est produite avant la Révolution cubaine, alors que les relations politiques et commerciales, bien qu’inégales, étaient favorables aux transferts et appropriations culturelles réciproques. Une relation unilatérale qui s'est terminée abruptement à l’issue du soulèvement, à la fin des années 1950. 
Dimanche 15 Mai 2022
Monique Monique Provost


Dans la même rubrique :
< >