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Présentation du chapitre 3



Présentation du chapitre 3
Ce livre porte sur le djembé, pourquoi traiter du tambour frappé à la main ? Tout comme la généalogie humaine identifie des familles — les Tremblay, les Charbonneau, les Lessard — dans le monde musical, la pratique du djembé appartient à une famille, celle des pratiques du tambour frappé à la main. Il existe une science qui permet de définir à quelle famille chaque instrument appartient c’est l’organologie. Et pour identifier ces appartenances, on répondra à un ensemble de questions classificatoires sur la manière, le geste, et sur la forme matérielle des instruments utilisés pour produire le son. Sachant que le son se déplace en ondes sonores ou acoustiques et que ces ondes sont produites par la vibration d’un objet. La première question classificatoire sera donc : Qu’est-ce qui vibre, un corps solide ou de l’air ? Comment ? Par frappement, secouement, raclement, pincement, frottement, soufflement. Et à partir des réponses à ces deux questions, on détermine quatre grandes familles : idiophone (ou grelot), membranophone (tambours), cordophone (guitares, luth), aérophone (flutes). Dans la science des instruments de musique, jouer du djembé se traduirait par la vibration d’une membrane tendue sur un corps de résonance produit par un frappement à la main. Voilà pourquoi la généalogie du djembé au Québec est devenue la généalogie des pratiques du tambour frappé à la main. Cet élargissement du sujet s’est avéré nécessaire puisqu’avant de jouer du djembé, c’est sur les congas que la plupart des percussionnistes apprenaient à produire des rythmes.
Nous savons tous que le jeu des tambours existe au Québec depuis bien avant la colonisation. Mais ni les Premières Nations, ni les colons européens et leurs armées ne frappaient le tambour à la main, ils utilisaient un bâton ou des baguettes. Selon mes connaissances, il n’y a pas de traces de techniques de jeu sophistiqué du tambour frappé à la main dans l’histoire du Québec comme c’est le cas en Afrique. Pour l’avancée de la recherche sur les pratiques du djembé au Québec, il y a lieu de se poser la question : depuis quand frappe-t-on le tambour à la main au Québec ? Répondre à cette question permet d’inscrire la pratique du tambour djembé dans un processus généalogique qui s’appuie sur la science des instruments de musique : l’organologie.

Dimanche 15 Mai 2022
Monique Monique Provost